- 1 maiPartagé avec Vos amis
rite de passageLes pieds dans l’eau. Les vagues présomptueuses, fantaisistes, insouciantes, viennent folâtrer avec sa peau ; puis se retirent laissant leur emprunte. Une voix incertaine, gravée en elle, par des rires brisés, lui rappelle que les pieds étaient quatre, dans un espace-temps tatoué dans son ombre intérieure.Elle laisse ses pieds s'enfoncer, encore et encore dans une noirceur chthonienne. le sable mouvant les absorbe tout en caresses insidieuses, et les fait glisser vers l'incertain de son corps , de son âme . Impression agréable ? Elle ne sait . Comment apprécier ? Un abandon sournois s'insinue en elle . L'eau qui monte lui bourdonne des ondes entrecoupées , l'écho de ses entrailles encore chaudes . Ses yeux se referment avec langueur . Le laisser-aller engourdi se berce dans sa tête .Quand la fraîcheur aquatique titille son ventre, elle se secoue, essaie d'amadouer des frissons salvateurs .C'est dans le ventre que gît tout palpitement , tout frémissement de la vie .__Non !!Non !! je ne suis pas une sirène . Je refuse d'être une sirène sacrificielle .__Wa !! Quel miracle ! Je retrouve la parole !! Et moi qui sentais qu'on m'avait coupé la langue .En s'essuyant le corps, elle se dit , de sa voix coutumière , retrouvée , vibrant de l'extérieur :__Dorénavant , je me dois de considérer que les princes charmants ne sont plus de mise de nos jours .les voitures en taule froides remplacent le cheval blanc , l'unique cheval blanc des forêts et du désert , qui fait valser sa crinière de chaleur et de lumière , en retournant la tête vers ses cavaliers enlacés dans l'abandon .Son nouveau sourire lèche toute l'eau . Et elle replonge dans un délice flottant, bat des pieds , bat des bras , et c'est ainsi que la petite sirène devient-elle femme et apprend à apprivoiser les eaux tumultueuses des océans .Naima Benabdelali4 commentairesCommentaires
Magnifiées sont les sensations de cette dame par votre écrit.Bravo
1 - Répondre
- 8 sem
"Qu'est la volupté elle même, sinon un moment d'attention passionnée du corps ?" (Marguerite Yourcenar)
Tu écris les sens comme un peintre dessine un tableau marine.
Compliments.
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