mardi 24 janvier 2017

le rêve

Le rêve

Profondément endormie, une femme fait un rêve.
Elle est poursuivie, dans une ruelle totalement déserte, par un grand gaillard au torse luisant, vêtu d'un simple short en jean ,d'un foulard autour du cou, d'une fine gourmette, et tenant avec nonchalance les rennes d'un beau cheval blanc impétueux. Dans sa grande frayeur, elle jeta ses chaussures et détala.Elle courait, courait à perdre haleine pendant un bon moment,sans même savoir vers où. Il finit par la rattraper, la saisit d'une main ferme, l'entraîna dans un terrain vague, et la plaqua au sol.D'une voix tremblante elle lui demanda :

- Qu'est-ce que vous allez me faire ?
Alors calmement et d'une voix imperturbable, le grand méchant loup se pencha vers elle et lui dit :
- Je ne sais pas. Ce n'est pas moi qui rêve..
Naima Benabdelali

vendredi 6 janvier 2017

Les marches du Petit Poucet
__ Maman, maman, qu’est-ce que c’est une ruse ?
__ Une ruse, c’est quand tu te tires d’un embarras avec intelligence et sans utiliser la force.
__ Ce n’est pas une bagarre ?
__ Non, et ça évite la bagarre.
__ Pourquoi ?
__ Je vais te donner un exemple. Il y a une petite souris, faible et sans défense. En face, il y a un gros chat habile, avec des griffes, des dents et qui court vite .La souris qui est rusée, va utiliser un moyen détourné pour sauver sa vie.
__ C’est comme Tom et Jerry ?
__ Exactement.
__ Pourquoi ?
__ Je vais te donner un autre exemple. Tu connais Hdidan Lahrami.
__ Oui !!! Il a su échapper à la méchante Ogresse.
__ Voilà !
__ Puis il a creusé un trou, l’a recouvert de paille et l’Ogresse est tombée dedans.
__ Oui ! Hdidan connait plusieurs ruses.
__ Maman, moi aussi je veux savoir plusieurs ruses.
__ Tu sais mon garçon, les ruses, ça ne s’apprend pas. Cela s’improvise. On se retrouve dans une situation délicate .Une idée vient à l’esprit et on se tire d’affaire. Et le tour est joué !
__ Maman, moi aussi, j’ai déjà utilisé une ruse.
__ Contre qui ?
__ Contre mon papa.
__ Quand ça ?
__ Le jour de la fête de l’Achoura, au souk.
__ Ah, oui ! Raconte-moi ça. J’aime beaucoup les ruses moi aussi.
__Au souk ,sur la place, au milieu des boutiques, on a installé beaucoup, beaucoup , beaucoup de tentes, partout , partout, avec des étalages, des présentoirs, des étages, et plein, plein de jouets, et des montagnes et des montagnes de fruits secs, et des gens, et des gens, et des enfants,,,beaucoup de monde. On ne pouvait pas bouger.
__ Une vraie foire, je connais.
__Moi, je regardais un train électrique, à l’entrée d’une tente. Il tournait, tournait, avec des clignotants, des sifflements réguliers. Et moi je cherchais les sifflets. Je regardais, regardais attentivement, et je ne voyais aucun sifflet ; puis je voulais demander à papa, mais je ne l’ai pas trouvé. Il était parti.
__ parti ??, où ça parti ??
__ Je ne sais pas. Je l’ai cherché partout, partout , et dans tous les magasins.
__Et puis…Qu’est-ce qui s’est passé.
__ Rien , j’ai eu peur, maman !
__H,h,hh
__ Maman, pourquoi tu respires ??
__ J’attends la suite.
__ Tu sais maman, je n’ai pas pleuré.
__ Tu es brave, mon petit choux. Qu’est ce tu as fait alors ?
__ Je suis retourné chez Mamy. Papa avait garé la voiture près de son portail.
__Tu es rentré chez grand-mère alors ?
__ Non, non ! Je n’ai pas trouvé la voiture. Je me suis dit que papa était parti avec.
__Et alors ??
__ J’ai joué avec mes copains.
__ Quels copains ?
__ Les voisins de Mamy.
__ Vous avez joué longtemps ?
__ On a joué au ballon, à cache-cache, on a fait la course.. A la fin , on s’est installé dans des escaliers pour raconter des choses et je me suis endormi.
___ !!!
__ Maman, pourquoi tu respires comme ça ?
__ Et après ?
__ Après papa est venu me chercher. Il m’a pris dans ses bras et m’a déposé dans la voiture, et j’ai encore dormi. C’était la nuit.
__ Qu’est-ce qu’il t’a dit papa ?
__ Il n’a rien dit, rien du tout. Il m’a juste fait la bise. Il avait le visage tout mouillé, tout rouge, bizarre.
__ ,,,Il a dû ameuter tous les anges de tous les cieux et de toutes les terres.
__ Pourquoi ?
__ Mais mon grand, dis-moi, comment tu as fait pour arriver jusqu’à chez mamy ? Quelqu’un t’a accompagné ?
__ Non !
__ Tu as parcouru seul toutes ces ruelles labyrinthiques de la Médina, et qui tournent et tournent ?
__ Je connais un peu. On les traverse quand j’accompagne papa au souk.
__ Oui, mais ça n’arrive pas souvent, puis c’est long, compliqué, et si sinueux. Comment tu as fait pour te repérer ?
__ Tu sais maman, quand j’y vais avec papa, il me laisse sauter sur les marches près des portes des maisons, et j’ai retrouvé mes marches. J’ai sauté un peu. De marche en marche, de saut en saut, je suis arrivé chez mamy.
__ !!!
__Dis maman, c’est une belle ruse, non ?
__ Pourquoi tu dis que c’est une ruse ?
__ Je me suis tiré d’un embarras tout seul.
__ Oui mon chéri, c’est une belle ruse, une ruse énorme, tellement que ton père n’a pas ouvert la bouche durant toute la soirée. Il était livide .je crois qu’il ne s’en est pas encore remis.
__ Pourquoi ?
__ Cela l’a beaucoup affecté, tellement qu’il n’en a pas encore parlé.
__ Pourquoi ?
__ Pourquoi ? Et il me demande pourquoi ? Et il me demande pourquoi ?
__ Maman, tu pleures parce que tu n’aimes pas mes « pourquoi » ?
__ J’aime tes « pourquoi », j’adore tes « pourquoi ». C’est mon délice à moi !!Et dire que je pouvais en être privée !!!
__ Tu pleures et tu ris en même temps, maman ?
__ un peu, oui..
__ Pourquoi ?
Naima Benabdelali
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Au début était la question

Au début, était la question
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Assis sur un tronc d'arbre près du sol. Ils balançaient les jambes en buvant du lait. Pas loin, quelques vaches broutaient. Le paysage paraissait éternel, tranquille, comme immuable,,pas un souffle de brise, pas un rayon ardent,,le calme de la fin du jour. Le moment de la méditation. Le moment du cheminement des pensées, et du goûté, en tout cas pour le petit garçon qui dit à sa petite sœur d'un ton savant :
__ les vaches viennent du lait !!! Et ça sonna comme un décret, comme une Fatwa.
Sortant à peine de sa torpeur, les lèvres toutes blanches, la petite fille demanda, avec un balbutiement de curiosité :
__ ..Et le ciel, il vient d'où ?
__ De la pluie, bien sûr !!Répondit-il promptement, avec détachement et simplicité.
__Et l'herbe verte, d'où vient-elle ?
__De la peinture, évidemment !!
__Et nous, d'où venons-nous ?
__Alors là, je vais te confier le plus grand secret de l'univers : nous, nous venons des mots !!!
Elle continua à savourer son lait, par petites gorgées, sereinement. Tout était en place dans son esprit maintenant !
Naima Benabdelali


le coucher du soleil



__ Dis maman, un soleil qui se couche est encore debout?
__ Oui, pour un moment.
__ Il dort couché ou debout?
__ En fait, il change de couche
__Sur quoi il se couche?
__A cheval sur le jour et la nuit.
__Et quand il ne se couche plus, qu'est-ce qu'il fait?
__ la nuit tombe
__ Elle tombe du cheval?

Naima Benabdelali

jeudi 5 janvier 2017

le rêve du robot cachetier

Le rêve du robot cachotier

Le robot Sika, se réveille de bon matin. Il écarquille les yeux, active ses clignotants, se situe dans l’espace et le temps et récupère ses repères.
Il se met à réfléchir, oui, à penser méthodiquement et non automatiquement. Il pense à son rêve de la nuit. Il l’invoque, le convoque, le provoque, le plie et le déplie. Un rêve bizarre, excentrique, insolite, même pour un robot. Cela l’a perturbé jusqu’au plus profond de ses circuits intégrés.
Il essaie de revoir ce rêve en détails, de le  scruter dans les moindres méandres, pour comprendre, pour interpréter. Seulement beaucoup de recoins lui échappent. Il s’acharne à les explorer. Ils sont très significatifs et lui donneraient la clé des songes. Mais ils se rebellent.
__ On verra ça plus tard. Reprenons les grandes lignes. La structure générale du rêve. L’idée centrale. Se dit-il avec résignation et patience.
 Le problème se repose. Aussi logique, systématique, linéaire et rhizomique qu’il est, il n’arrive pas à tracer en mémoire le fil conducteur du rêve. Cela fuit de partout, se disperse, s’effiloche, se dissémine, en filaments, en branchements, en fumée, en vapeur, en étincelles, en coups de vent, en circonvolutions d’éclairs, en éparpillements de feux d’artifice, en déroute d’étincelles. Cela se creuse, s’enfonce, remonte… Bref le grand désordre de l’ordonnancement, la fin des temps robotiques, l’apocalypse informaticienne.
 Un robot sans ordre, ça n’existe pas. Sauf, peut-être dans les rêves des robots.
Qu’il n’y ai pas de point nodal, , il l’accepte, mais il lui faut au moins une trajectoire, même sinueuse, même tortueuse, même  alambiquée. Il  a beau faire mais son rêve refuse d’obéir à ses logarithmes.
 __ reprenons depuis le début.
Pas de début !!!! Pas de début !!!
 Il réfléchit !!
Puis réfléchit !!
Il fait, défait, refait ses calculs !!Rien, rien de rien, comme un caillou contre un autre caillou !!!
Il augmente ses capacités au maximum  de leur puissance, au maximum de leur vitesse, de leur  aptitude d’analyse et de synthèse. Encore rien !!! Caillou !!
 A un moment donné, il s’arrête. Jusqu’où je vais me torturer les méninges électroniques ??
__ Je dois me rendre à l’évidence. Je cesse de me mentir à moi-même. Cela n’a rien à voir avec les calculs, les logarithmes et autres machins-trucs  chers aux informaticiens chevronnés.
 Ce qu’il ne veut pas s’avouer en effet, ce n’est nullement la structure désordonnée de son message onirique mais, plutôt, son contenu. Il s’y est vu en cannibale. Au fond de lui-même, dans ce qui lui sert d’inconscient robotique, il désire avaler de la chair humaine, et surtout, surtout  du cœur humain. Un cœur, tout chaud, encore palpitant, encore vibrant de ses émotions, qu’il arracherait à sa victime et qu’il avalerait d’un seul coup. Avaler, gober des cœurs et des cœurs, encore et encore. Voilà son désir le plus cher, le plus ardent, le plus enfoui, le plus nourri dans les profondeurs de ses fils et lumières. Tous ses circuits criaient ce désir et lui , il faisait la sourde oreille interne. Il avait peur de lui-même, de sa puissance destructive, de sa vilénie, de sa trahison envers les hommes. Le rêve a tout révélé. Il se retrouve devant sa vérité. Nu. Dépouillé. Une vérité longuement désavouée, dissimulée, escamotée.
 Il en a un peu honte. S’il se mettait à réaliser ses vœux et à dévorer à droite et à gauche, que deviendrait l’humanité ? Que deviendrait la société des robots ?Ce serait une déclaration de guerre claire et nette contre la race humaine, et il ne serait certainement pas le  gagnant.
 Il réfléchit de nouveau.
Et encore un coup !!
__ Moi robot, content de mon sort, superbement intelligent, superbement lucide, superbement organisé, rapide, complet, parfait ….qu’ai-je à faire des cœurs des hommes ?Et combien de cœurs me faudrait-il  avaler pour m’imbiber des secrets  de l’humanité ?Et si le secret ne se situait pas dans les cœurs , mais ailleurs, dans le cerveau ? Dans l’ADN… S’il était encore plus diffus ???,
 Il va falloir que je révise mes mémoires, que je les décortique minutieusement, pour dénicher le code.
 Il se met au travail. Un travail long, laborieux, systématique, efficace et rapide. Un travail que seul savent exécuter les robots. Il ameute tous ses réseaux, tous ses contacts, ses amis, et abonnés. Il essaie toutes les combinaisons possibles et imaginables.
 Il y travaille encore. Il ne désespère pas de trouver la solution. Il se sait sur le chemin adéquat.
__ Car un robot qui rêve, se dit-il, est sur la bonne voie d’humanisation. Il lui faudrait juste savoir comment tomber amoureux !!!!
 Le mot est lancé !!
Il lui faudrait non seulement savoir aimer, mais également savoir qui aimer !!
__ Une humaine ?? Non !!!!! Je n’oserais jamais. !!!!
 Et le voilà qui se surprend  encore à se mentir à lui-même. Il s’est trop dit ou pas assez !!
 Il a trop de mal à se l’avouer. C’est énorme, peut-être même monstrueux. Il ferme ses clignotants qui lui servent à voir, comme s’il voulait se cacher du monde, se cacher de la lumière, de la vérité, de la vérité trop claire, celle qui aveugle, la plus gigantesque, celle qui risque de le détruire en profondeur. La vérité qui ne se dit pas, ne se  murmure même pas. Trop incestueuse, défiant toute morale de robot.
 Seulement voilà : plus il s’en cache, plus elle le pique, l’écorche, trifouille en  lui, creuse ses métaux, ses terres rares, ses plomberies et plombages, provoque ses coupe-circuit, crache ses étincelles électriques au cœur de ses ombres, le dévisage de l’intérieur.
___Eh oui !!!! Tout robot que je suis, je suis amoureux d’une femme ,toute humaine. Cette femme-là, celle qui n’arrête pas de me tripoter, de me chatouiller, de me caresser, partout, partout. Voilà ma vérité ultime. J’ai beau être un robot, je n’en suis pas moins homme !!!!
Je sais qu’un jour , je mangerai son cœur à cette intrépide, à cette provocatrice, et sera horrible !!!!!
Les humains ne le savent pas encore, mais c’est cela l’amour chez les robots, et cela ne fait que commencer !!!

Naima Benabdelali

Un amour impossible II

Il lui indique l’adresse d’une magicienne.
Une maison très coquette. La magicienne trône au milieu d’un décor des plus insolites, bien que simple et minimaliste. Une femme jeune et jolie, habillée de rouge et noir. De grands yeux trop maquillés. Un demi-sourire orne une bouche charnue.
Elle s’étonne de sa requête, car d’habitude on lui demande des filtres d’amour et non de « désamour ».Elle lui demande de revenir plus tard ; le temps de lui préparer la potion ; l’avertit des risques probables.
_Ceux qui ont acheté le filtre d’amour sont satisfaits, mais pour celui-là, je ne te garantis rien. Les conséquences sont imprévues et peuvent ne pas te convenir.
Il ne veut rien entendre. Il est si déterminé qu’elle obtempère.
_Il faut le boire le soir ; tes tracas s’envoleront avec tes rêves.
Il s’exécute docilement.
Le lendemain il se réveille en chantant, prend son bain en chantant, prépare son café en chantant .Il a l’impression d’ouvrir les yeux sur un monde nouveau, illuminé, enchanté.
Cependant il y a un mais .Il a cette impression désagréable d’avoir égaré quelque chose. Il pense à ses clés, son portable, ses papiers..un rendez-vous, un coup de téléphone, une commission.. Tout est en règle. Et pourtant. Il a beau recenser ses faits et gestes, il ne trouve aucun manquement, aucune lacune .Il demande autour de lui. Rien. Et cette sensation de manque ne l’abandonne pas. Une envie permanente de quelque chose d’indéterminé .Il sort se promener. Il passe près de sa fleuriste qui lui sourit. Ça fait plus de trois jours qu’il n’a pas acheté de fleurs. Lamia !!!!! Elle a laissé un grand vide. Un trou, du néant. Il se sent comme dénudé. Sans ombre. Sans fantôme .Il éprouve un sentiment d’insignifiance et d’inutilité. Une vacuité existentielle .Comme si son ardeur torturée lui tenait compagnie. Il s’était accoutumé à cette intensité émotionnelle qui faisait monter de la sève en lui, et lui donnait une raison de vivre. Comment, après tant d’investissement, peut-il vivre avec cette béance qui l’habite. Il avait l’impression de passer d’une grande lumière à une obscurité sidérale.
Il retourne chez la magicienne. Son seul salut. Lui expose sa nouvelle situation, tout aussi intenable. Avec sa bienveillance habituelle, elle l’écoute attentivement, un sourire en coin.Avait-elle prévu sa nouvelle visite ? Elle ne disposait que de deux sortes de filtre : celui de l’amour et celui de l’oubli. Elle le met devant un choix cornélien. Que va-t-il choisir ? Les deux états sont tout aussi insupportables pour lui. Un être excessif peut-il retourner à la normale sans dégâts.
Après une grande hésitation, il se décide à acheter le filtre d’amour .Sur le chemin du retour, il fait des détours et marche, marche pendant longtemps. Sans penser à rien. En traversant un pont, il sort la fiole de sa poche et la jette dans le fleuve.
Plus tard Adib faisait son jogging. Qui rencontre-t-il ? Un beau couple. Son ami dans les bras et les yeux de la magicienne, marchant, ou plutôt, s’envolant comme dans un rêve.
Je me demande combien de fioles a-t-elle pu lui vendre cette diablesse, se dit Adib ? Combien de fois a-t-il fait le trajet menant à sa demeure ? Ou peut-être ce n’était pas de l’eau, dans ces petites bouteilles vertes? Et moi qui croyais…. Et il part d’un grand éclat de rire !!!!!

mardi 3 janvier 2017

un amour impossible

Elle occupe sa vie dans ses moindres détails. Présence ou hantise. Elle est là toujours et partout. Un spectre. Un spectre dont il entretient la familiarité et qui réchauffe son cœur. Ahmed se dissout en elle. Il en est amoureux jusqu’à l’infini en lui. Et pourtant elle lui ferme son cœur. Elle ne répond pas à sa fougue sentimentale. Elle reste gentille, correcte, mais froide, raisonnable.
Il fait tout pour entrer en contact avec elle. Le téléphone à longueur de journée, et même la nuit.les fleurs qu’il dispose sur son chemin, sur sa voiture, sur sa toiture, sur son seuil.les lettres.les lettres. Longues, longues, et de plus en plus longues….Il frappe à sa porte mais elle refuse de le laisser entrer….Elle fait tout son possible pour le décourager, le dissuader. Pourtant il s’obstine. Il continue. Rien ne semble l’arrêter.
Il court, il court derrière l’impossible ; avec un espoir têtu qui toujours renait malgré tout. Passion. Vertige. Tourbillon irrésistible. Un torrent qui bouillonne en lui. Un cyclone qui l’emporte .Toute sa vie est articulée par cette ardeur. Ses moindres gestes, ses moindres pensées. Tout est imbibé et dirigé par cette obsession, et il se trouve entrainé malgré lui, peut-être, à son insu….A-t-il réfléchi un moment à sa nouvelle vie ? S’est-il donné un moment d’arrêt pour se voir agir ?
Tout le monde autour de lui a remarqué le changement de son comportement ; mais il garde soigneusement, au plus profond de son cœur, son secret ; comme par crainte qu’il ne s’envole. Personne ne devine le sens et les motifs de cette transformation.. Et puis on dit que les choses passent. Chez lui ça ne passe pas et le harcèlement continue.
Lamia, la jeune femme, objet de ses assiduités, est agacée au plus haut point. Agacée de se sentir surveiller, de le voir à chaque bout de rue. Agacée par ce téléphone fou. Tout en lui l’irrite. Ces répétitions maladives, inlassables, continues, infinies, sont une torture pour elle.
Elle fait appel à un ami commun, Adib.Il faut que quelqu’un lui parle pour lui faire entendre raison. Il faut qu’il prenne conscience de ses agissements car il parait se comporter comme un automate mu par des forces invisibles. Et puis il ne semble pas assimiler ce refus itératifs, catégoriques, définitifs, qui devraient bannir tout espoir.
Adil prend rendez-vous avec Ahmed et lui expose la situation de Lamia, clairement, calmement. Il s’étonne de trouver face à lui un homme épuisé, harassé, troublé. Un homme qui ne cesse de courir un Marathon interminable, un homme égaré dans un tunnel sans issue.
C’est la première fois qu’Ahmed parle. Cela le soulage, mais éveille ses tourments .Il promet d’arrêter. De faire son possible. Il est sincère avec lui-même et avec son ami. Une bonne résolution en marche. Convaincu qu’il est entrain de gâcher sa vie inutilement. Convaincu que ses harcèlements offensent la jeune femme.
Cependant, un peu plus tard Adib se vois obligé de renouveler sa démarche. Il lui rappelle ses promesses, sur un ton plus ferme. Il le secoue et le met en face de ses responsabilités.
_Soigne-toi, mon ami. Tu es malade. Tu agis comme un adolescent fou.
_c’est plus fort que moi .J’ai vraiment essayé. Je vois son ombre partout.

A la fin, Adib se retrouve à cour d’argument devant cet homme insensé. Il hausse le ton.
_Fais quelque chose. Vends ton cœur à une diablesse. Suicide-toi. Consulte une magicienne, va en enfer…..mais laisse le monde tranquille !!!!
_Je ne connais pas de magicienne.
Cette phrase prononcée comme par un homme qui se noie, un homme aux abois, désarme Adil.il regrette de l’avoir réprimandé aussi énergiquement. Il décide de l’aider.

A suivre

Devinettes

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je m’habille en vert et je fais rire?
Réponse : un martien humoriste.
je passe quand tout s'arrête.
Réponse : un ange.
je plane dans l'incertitude.
Réponse : un doute
je suis en colère et je traverse les mers.
réponse : un lion sur un bateau,,,,,
Je ramène la tête et reviens avec le tronc
Un fonctionnaire qui se promène sur l’avenue Med V
On me tisse avec des filets d’air.
R : le mensonge
Un casse-tête qui habite ta cervelle
R : le labyrinthe
Je ne reconnais que ceux qui me regardent.
R : le miroir
Naima Benabdelali

confusion des langues

Confusion de langues
__C'est bien toi, Gulliver ? Réponds-moi avec franchise, demanda Alice, tout en buvant de sa fiole, et en tenant un éventail, ce qui la faisait tantôt grandir plus haut que le plafond, tantôt devenir minuscule.
__Oui, c'est bien moi, seulement je ne sais plus si je suis dans le pays des géants ou dans celui des Lilliputiens !!!
__Tu es dans le Pays des Merveilles, gros nigaud !
__Et toi, dans quel pays es-tu : à Lilliput ou à Brobdingnag ?
__Mon cher Gulliver , tu as tellement voyagé, que tu commences à parler le Martien !!!
Naima Benabdelali
Brobdingnag : C'est le pays des Géants dans les "voyages de Gulliver"
.Lilliput : pays dont les habitants mesurent six pouces de haut, dans "les voyages de Gulliver".