mardi 3 janvier 2017

un amour impossible

Elle occupe sa vie dans ses moindres détails. Présence ou hantise. Elle est là toujours et partout. Un spectre. Un spectre dont il entretient la familiarité et qui réchauffe son cœur. Ahmed se dissout en elle. Il en est amoureux jusqu’à l’infini en lui. Et pourtant elle lui ferme son cœur. Elle ne répond pas à sa fougue sentimentale. Elle reste gentille, correcte, mais froide, raisonnable.
Il fait tout pour entrer en contact avec elle. Le téléphone à longueur de journée, et même la nuit.les fleurs qu’il dispose sur son chemin, sur sa voiture, sur sa toiture, sur son seuil.les lettres.les lettres. Longues, longues, et de plus en plus longues….Il frappe à sa porte mais elle refuse de le laisser entrer….Elle fait tout son possible pour le décourager, le dissuader. Pourtant il s’obstine. Il continue. Rien ne semble l’arrêter.
Il court, il court derrière l’impossible ; avec un espoir têtu qui toujours renait malgré tout. Passion. Vertige. Tourbillon irrésistible. Un torrent qui bouillonne en lui. Un cyclone qui l’emporte .Toute sa vie est articulée par cette ardeur. Ses moindres gestes, ses moindres pensées. Tout est imbibé et dirigé par cette obsession, et il se trouve entrainé malgré lui, peut-être, à son insu….A-t-il réfléchi un moment à sa nouvelle vie ? S’est-il donné un moment d’arrêt pour se voir agir ?
Tout le monde autour de lui a remarqué le changement de son comportement ; mais il garde soigneusement, au plus profond de son cœur, son secret ; comme par crainte qu’il ne s’envole. Personne ne devine le sens et les motifs de cette transformation.. Et puis on dit que les choses passent. Chez lui ça ne passe pas et le harcèlement continue.
Lamia, la jeune femme, objet de ses assiduités, est agacée au plus haut point. Agacée de se sentir surveiller, de le voir à chaque bout de rue. Agacée par ce téléphone fou. Tout en lui l’irrite. Ces répétitions maladives, inlassables, continues, infinies, sont une torture pour elle.
Elle fait appel à un ami commun, Adib.Il faut que quelqu’un lui parle pour lui faire entendre raison. Il faut qu’il prenne conscience de ses agissements car il parait se comporter comme un automate mu par des forces invisibles. Et puis il ne semble pas assimiler ce refus itératifs, catégoriques, définitifs, qui devraient bannir tout espoir.
Adil prend rendez-vous avec Ahmed et lui expose la situation de Lamia, clairement, calmement. Il s’étonne de trouver face à lui un homme épuisé, harassé, troublé. Un homme qui ne cesse de courir un Marathon interminable, un homme égaré dans un tunnel sans issue.
C’est la première fois qu’Ahmed parle. Cela le soulage, mais éveille ses tourments .Il promet d’arrêter. De faire son possible. Il est sincère avec lui-même et avec son ami. Une bonne résolution en marche. Convaincu qu’il est entrain de gâcher sa vie inutilement. Convaincu que ses harcèlements offensent la jeune femme.
Cependant, un peu plus tard Adib se vois obligé de renouveler sa démarche. Il lui rappelle ses promesses, sur un ton plus ferme. Il le secoue et le met en face de ses responsabilités.
_Soigne-toi, mon ami. Tu es malade. Tu agis comme un adolescent fou.
_c’est plus fort que moi .J’ai vraiment essayé. Je vois son ombre partout.

A la fin, Adib se retrouve à cour d’argument devant cet homme insensé. Il hausse le ton.
_Fais quelque chose. Vends ton cœur à une diablesse. Suicide-toi. Consulte une magicienne, va en enfer…..mais laisse le monde tranquille !!!!
_Je ne connais pas de magicienne.
Cette phrase prononcée comme par un homme qui se noie, un homme aux abois, désarme Adil.il regrette de l’avoir réprimandé aussi énergiquement. Il décide de l’aider.

A suivre

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