Il lui indique l’adresse d’une magicienne.
Une maison très coquette. La magicienne trône au milieu d’un décor des plus insolites, bien que simple et minimaliste. Une femme jeune et jolie, habillée de rouge et noir. De grands yeux trop maquillés. Un demi-sourire orne une bouche charnue.
Elle s’étonne de sa requête, car d’habitude on lui demande des filtres d’amour et non de « désamour ».Elle lui demande de revenir plus tard ; le temps de lui préparer la potion ; l’avertit des risques probables.
_Ceux qui ont acheté le filtre d’amour sont satisfaits, mais pour celui-là, je ne te garantis rien. Les conséquences sont imprévues et peuvent ne pas te convenir.
Il ne veut rien entendre. Il est si déterminé qu’elle obtempère.
_Il faut le boire le soir ; tes tracas s’envoleront avec tes rêves.
Il s’exécute docilement.
Le lendemain il se réveille en chantant, prend son bain en chantant, prépare son café en chantant .Il a l’impression d’ouvrir les yeux sur un monde nouveau, illuminé, enchanté.
Cependant il y a un mais .Il a cette impression désagréable d’avoir égaré quelque chose. Il pense à ses clés, son portable, ses papiers..un rendez-vous, un coup de téléphone, une commission.. Tout est en règle. Et pourtant. Il a beau recenser ses faits et gestes, il ne trouve aucun manquement, aucune lacune .Il demande autour de lui. Rien. Et cette sensation de manque ne l’abandonne pas. Une envie permanente de quelque chose d’indéterminé .Il sort se promener. Il passe près de sa fleuriste qui lui sourit. Ça fait plus de trois jours qu’il n’a pas acheté de fleurs. Lamia !!!!! Elle a laissé un grand vide. Un trou, du néant. Il se sent comme dénudé. Sans ombre. Sans fantôme .Il éprouve un sentiment d’insignifiance et d’inutilité. Une vacuité existentielle .Comme si son ardeur torturée lui tenait compagnie. Il s’était accoutumé à cette intensité émotionnelle qui faisait monter de la sève en lui, et lui donnait une raison de vivre. Comment, après tant d’investissement, peut-il vivre avec cette béance qui l’habite. Il avait l’impression de passer d’une grande lumière à une obscurité sidérale.
Il retourne chez la magicienne. Son seul salut. Lui expose sa nouvelle situation, tout aussi intenable. Avec sa bienveillance habituelle, elle l’écoute attentivement, un sourire en coin.Avait-elle prévu sa nouvelle visite ? Elle ne disposait que de deux sortes de filtre : celui de l’amour et celui de l’oubli. Elle le met devant un choix cornélien. Que va-t-il choisir ? Les deux états sont tout aussi insupportables pour lui. Un être excessif peut-il retourner à la normale sans dégâts.
Après une grande hésitation, il se décide à acheter le filtre d’amour .Sur le chemin du retour, il fait des détours et marche, marche pendant longtemps. Sans penser à rien. En traversant un pont, il sort la fiole de sa poche et la jette dans le fleuve.
Plus tard Adib faisait son jogging. Qui rencontre-t-il ? Un beau couple. Son ami dans les bras et les yeux de la magicienne, marchant, ou plutôt, s’envolant comme dans un rêve.
Je me demande combien de fioles a-t-elle pu lui vendre cette diablesse, se dit Adib ? Combien de fois a-t-il fait le trajet menant à sa demeure ? Ou peut-être ce n’était pas de l’eau, dans ces petites bouteilles vertes? Et moi qui croyais…. Et il part d’un grand éclat de rire !!!!!
Une maison très coquette. La magicienne trône au milieu d’un décor des plus insolites, bien que simple et minimaliste. Une femme jeune et jolie, habillée de rouge et noir. De grands yeux trop maquillés. Un demi-sourire orne une bouche charnue.
Elle s’étonne de sa requête, car d’habitude on lui demande des filtres d’amour et non de « désamour ».Elle lui demande de revenir plus tard ; le temps de lui préparer la potion ; l’avertit des risques probables.
_Ceux qui ont acheté le filtre d’amour sont satisfaits, mais pour celui-là, je ne te garantis rien. Les conséquences sont imprévues et peuvent ne pas te convenir.
Il ne veut rien entendre. Il est si déterminé qu’elle obtempère.
_Il faut le boire le soir ; tes tracas s’envoleront avec tes rêves.
Il s’exécute docilement.
Le lendemain il se réveille en chantant, prend son bain en chantant, prépare son café en chantant .Il a l’impression d’ouvrir les yeux sur un monde nouveau, illuminé, enchanté.
Cependant il y a un mais .Il a cette impression désagréable d’avoir égaré quelque chose. Il pense à ses clés, son portable, ses papiers..un rendez-vous, un coup de téléphone, une commission.. Tout est en règle. Et pourtant. Il a beau recenser ses faits et gestes, il ne trouve aucun manquement, aucune lacune .Il demande autour de lui. Rien. Et cette sensation de manque ne l’abandonne pas. Une envie permanente de quelque chose d’indéterminé .Il sort se promener. Il passe près de sa fleuriste qui lui sourit. Ça fait plus de trois jours qu’il n’a pas acheté de fleurs. Lamia !!!!! Elle a laissé un grand vide. Un trou, du néant. Il se sent comme dénudé. Sans ombre. Sans fantôme .Il éprouve un sentiment d’insignifiance et d’inutilité. Une vacuité existentielle .Comme si son ardeur torturée lui tenait compagnie. Il s’était accoutumé à cette intensité émotionnelle qui faisait monter de la sève en lui, et lui donnait une raison de vivre. Comment, après tant d’investissement, peut-il vivre avec cette béance qui l’habite. Il avait l’impression de passer d’une grande lumière à une obscurité sidérale.
Il retourne chez la magicienne. Son seul salut. Lui expose sa nouvelle situation, tout aussi intenable. Avec sa bienveillance habituelle, elle l’écoute attentivement, un sourire en coin.Avait-elle prévu sa nouvelle visite ? Elle ne disposait que de deux sortes de filtre : celui de l’amour et celui de l’oubli. Elle le met devant un choix cornélien. Que va-t-il choisir ? Les deux états sont tout aussi insupportables pour lui. Un être excessif peut-il retourner à la normale sans dégâts.
Après une grande hésitation, il se décide à acheter le filtre d’amour .Sur le chemin du retour, il fait des détours et marche, marche pendant longtemps. Sans penser à rien. En traversant un pont, il sort la fiole de sa poche et la jette dans le fleuve.
Plus tard Adib faisait son jogging. Qui rencontre-t-il ? Un beau couple. Son ami dans les bras et les yeux de la magicienne, marchant, ou plutôt, s’envolant comme dans un rêve.
Je me demande combien de fioles a-t-elle pu lui vendre cette diablesse, se dit Adib ? Combien de fois a-t-il fait le trajet menant à sa demeure ? Ou peut-être ce n’était pas de l’eau, dans ces petites bouteilles vertes? Et moi qui croyais…. Et il part d’un grand éclat de rire !!!!!
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