vendredi 24 avril 2020

aldine



24 avril 2010
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Aldine est une femme pétillante, alerte, vive. Elle veut croquer la vie à pleines dents. Elle boude tout effort, tout tracas, toute contrariété. Elle passe à côté et continue son chemin dans la simplicité. Une sorte d’insouciance à la petite semaine. Sans trop d’exigences, ni vis-à-vis d’elle-même ni vis-à-vis des autres. C’est une femme à images. Une superficialité tranquille. On a parfois l’impression qu’elle flotte dans l’existence. Dans des vêtements toujours amples et une démarche aérienne.C’est le genre de femme qui toujours achète des magazines rien que pour admirer les images, sans jamais lire une seule ligne. Amatrice de BD, elle les comprend sans jamais déchiffrer les vignettes. Peut-être invente-elle d’autres histoires à partir des dessins ? Cela importe peu. Ca l’amuse et la divertit.Elle aime les réussites et triche tout le temps. Lorsqu’elle remplit un puzzle, elle adapte les morceaux en découpant les cornes. Elle aime gagner contre elle-même et n’appelle pas ça tricher, mais « mettre la chance de son côté ».Ainsi traverse-t-elle la vie en détournant la chance, en forçant le hasard gaiment, allègrement. Elle flirte facilement avec la morale Ce jour là, elle se promène sur la grande artère de la ville. Elle « fait » les boutiques, surtout celle du prêt-à-porter .Elle essaie tout : des robes, des jupes, de chemises, des écharpes…mais pas de pantalons. Elle n’aime pas. Cela ne correspond pas à son désir de féminité, de même que les talons bas et les cheveux courts.Elle essaie, essaie mais n’achète rien .Rien ne l’accroche .Elle achète par coup de tête.Elle aperçoit un magasin de cristal et s’y dirige. Tout y est brillance et lumière : les vases, les lampadaires, les suspensions, les abat-jour..ça lui plait d’errer dans cette atmosphère de palais califal. Elle s’attarde entre les tables, les étagères, fouinant négligemment des yeux ces objets alléchants. Soudain, elle est attirée par une lanterne nichée dans un coin, comme négligée, délaissée. Une petite lanterne simple mais bien déssinée.Un design un peu fantaisiste qui ne la laisse pas indifférente. Elle l’achète sans même savoir quelle place lui réserver dans son petit appartement. Elle n’a’ pas de buffet, pas trop de petites tables ou d’étagères, car elle aime bien creuser le vide autour d’elle. Elle a l’impression que cela lui confère une certaine puissance. Être envahie par les objets n’est pas son style. Elle l’achète quand même. Un coup de tête ? Elle remplit son petit cœur d’une petite joie et c’est suffisant. Chez elle, elle l’essuie un peu avant de la poser sur la table de la salle à manger…et voilà que, éveillé par ce doux frottement un génie jaillit !!!! Il s’étire, se détend, se plie, se déplie, se recroqueville, essaie de toucher le plafond, le mur. Par les bras, par les jambes, entouré d’une brume qui l’enveloppe d’un halo de majesté…et il se contemple, se mire, se scrute, se caresse, se lisse les cheveux.. Quelle coquetterie de la part d’un homme ! Elle ne dit pourtant rien, car ce mâle est d’une beauté saisissante. Tout ce qu’une femme voudrait voir dans un corps d’homme. Eblouissant ! Elle reste stupéfaite, bouche bée .Un vrai bijou, en chair et en os. Et lui, conscient de son charme et de son effet, se délecte de son corps d’athlète athénien dans une arrogance indéterminée. Elle l’admire et se dit déjà au fond de son cœur que s’il lui demande de faire un vœu, elle saura quoi répondre. Sa saine perversité prend le dessus et elle commence déjà à se mordiller la lèvre inférieure.Il daigne à la fin détacher son attention de son altier body et la regarde interrogatif._ Alors tu ne me dis pas quel vœu ??Elle n’attendait que ça, mais comment formuler la chose ?_Tu veux que je prononce un vœu ? dit-elle en guise de préambule et pour se donner un peu de contenance._ Ce n’est pas à toi de faire le vœu, mais c’est à moi !!_ Ça se passe autrement d’habitude._ Pas avec moi, répond-il sans se départir aucunement de sa hauteur et de sa superbe de beau mâle._ Alors prononce le ; tu me facilites les choses .Je suis prête à tout._Tout, tout, tout !_ Oui, oui, oui, dit –elle sans quitter son sourire malicieux, en le regardant d’un air de complicité coquine._ Voilà mon vœu : Tu dois me donner ta voiture et ton ordinateur.._ !!! !!!! !!!Interloquée, elle marque un temps d’arrêt.Qu’est-ce que c’est que ce génie des temps modernes. Consumériste, cupide, avide, froid, sans libido,,Il veut lui prendre ce qu’elle chérit le plus !!_ Et pour quelle raison te donnerais-je ma voiture et mon PC._ Pour que je puisse me déplacer dans votre jungle de ville, et me recycler après une longue période d’absence.Sa réponse est le strict reflet de son égoïsme imperturbable._ Je veux dire en contrepartie de quoi je vais renoncer à mes commodités._ Si tu le fais chaque fois que tu frottes la lanterne, j’apparais ; sinon je disparais !!!_ Ah, c’est comme ça mon cher monsieur !_ C’est comme ça ma chère madame !_ Et tu vas apparaitre pour faire des vœux et des vœux !!_ et oui et oui. Ne suis-je pas suffisamment beau, attirant, charmant ??? J’ai toutes les qualités qu’une femelle puisse désirer..et plus et plus.._ C’est vrai que tu es un bel étalon. Je ne dis pas le contraire. Tu me plais et même beaucoup._ Alors donne-moi les clés de la voiture et permets-moi d’emporter cette petite boite magique._ non, non,, Des hommes comme toi ,je pourrais en avoir des tas si je le désire .Peut-être pas aussi beaux mais presque . ..Mais ma voiture et mon PC, pour les avoir, il me faut des mois de travail. En plus ils me sont plus utiles et plus précieux. Retourne croupir dans ta lanterne faire joujou avec ton culte-body au beau milieu de tes vapeurs. Tu auras peut-être suffisamment de temps pour réfléchir à ce qu’est une femme .Tu serais resté sans rien demander, tu aurais pu avoir tout et le reste. C’est comme ça que les choses se passent dans notre monde.Visiblement, notre Mohannad des brumes ne s’attendait pas à cette réponse, trop sûr de sa virilité et sa séduction. Il reste sans voix, le regard fixe sur les paroles qu’elle égrène. Il se me à se ratatiner à rapetisser, à se blottir. Finies l’extension et l’expansion et le tournoiement sur soi-même. Place à la perplexité et au mutisme .Il se ramasse et rejoint sa petite lanterne, espérant qu’elle la frotterait de temps en temps…Peut-être par de longues nuits d’hiver, s’il n’y a rien à regarder à la télévision !! Elle regarde sans broncher le dernier jet de vapeur s’évanouir devant ses yeux impassibles.Ah ! Les hommes ! Quels chromosomes !!Vers quel monde on s’achemine ??C’est cela la féminisation du monde qu’on nous promet ?????

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