
Les pieds dans l’eau. Les vagues présomptueuses, fantaisistes, insouciantes, viennent folâtrer avec sa peau ; puis se retirent laissant leur emprunte. Une voix incertaine, gravée en elle, par des rires brisés, lui rappelle que les pieds étaient quatre, dans un espace-temps tatoué dans son ombre intérieure.
Elle laisse ses pieds s'enfoncer, encore et encore dans une noirceur chtonienne. le sable mouvant les absorbe tout en caresses sournoises, et les fait glisser vers l'incertain de son corps , de son âme . Impression agréable ? Elle ne sait . Comment apprécier ? Un abandon traitre s'insinue en elle . L'eau qui monte lui murmure des ondes entrecoupées , l'écho de ses entrailles encore chaudes . Ses yeux se referment avec langueur . Le laissé-allé engourdi se berce dans sa tête .
Quand la fraicheur aquatique réveille son ventre, elle se secoue, essaie d'amadouer des frissons salvateurs .C'est dans le ventre que git tout palpitement, tout frémissement de la vie .
__Non !!Non !! je ne suis pas une sirène . Je refuse d'être une sirène sacrificielle .
__Wa !! Quel miracle ! Je retrouve la parole !! Et moi qui sentais qu'on m'avait coupé la langue .
En s'essuyant le corps, elle se dit , de sa voix coutumière , retrouvée , vibrant de l'extérieur :
__Dorénavant , je me dois de considérer que les princes charmants ne sont plus de mise de nos jours . les voitures en taule froides remplacent le cheval blanc , l'unique cheval blanc des forêts et du désert , qui fait valser sa crinière de chaleur et de lumière , en retournant la tête vers ses cavaliers enlacés dans l'abandon .
Son nouveau sourire lèche toute l'eau . Et elle replonge dans un délice flottant, bat des pieds , bat des bras , et c'est ainsi que la petite sirène devient-elle femme et apprend à apprivoiser les eaux tumultueuses des océans .
Commentaires
j'adore...
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- 10 ans
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- 10 ans
je ne souhaite à personne le destin de la petite sirène... même s'il rejoint un peu le conte de Naïma ;-)) @+
bonsoir les amis,,,
la petite sirène était sans voix,,sans voie,,et c'était terrible,,
un conte écrit par un homme qui avait une vision 'sacrificielle' des femmes,,,
gare aux chants envoutants des sirènes !...
waw
! ce jeu est fou ! allez ! reprenons notre sérieux & laissons les
lecteurs se focaliser sur la très belle prose de Naima... bises
@+
pas Ulysse,,,Anderson ,,
Ulysse,
Anderson, la femme se retrouve fatalement un jour "les pieds dans
l'eau", avec des "rires brisés" & la mer efface sur le sable les
pas des amants désunis ../... ;-)) @
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